C’est compliqué

Je résume, pour ceux qui auraient manqué le début.
Pour boucler mon dossier de retraite, il me faut juste un certificat de nationalité française.
Pas de problème, vous êtes français, m’a dit la dame du tribunal, à Saint-Pierre, il ne me faut que les actes de naissance de vos quatre grands parents, puisque vous êtes né à l’étranger, comme votre mère.

La grand-mère Miroux étant née, elle aussi, à l’étranger, c’est Nantes qui centralise les actes d’état-civil – euh, non, elle est née il y a plus de cent ans, alors c’est les archives du ministère, à Paris – euh, non, il faut d’abord faire transcrire l’acte de naissance par le consulat de France au Portugal pour le verser aux archives – euh non, il faut d’abord prouver qu’elle est française pour le transcrire…

Ah…

Je résume, il me faut la copie de l’acte de naissance de ma grand-mère, mais pour l’avoir, il me faudrait les copies des actes de naissance de mes arrière-grands-parents. En plus, ils précisent que cela peut être très long, dans la lettre que m’a envoyée l’état-civil de Nantes.

Et puis la dame du tribunal est enceinte, c’est son troisième enfant, elle reprendra en septembre 2008.

?…

Non, elle n’est pas remplacée.
Dans leur document joint, le service des archives me conseille de m’adresser à l’état-civil, à Nantes.

Si !

Restons zen, c’est les vacances.

Panurge

C’est la rentrée.
Depuis trois semaines maintenant sur les routes.
Beaucoup de réunions ici ou là, Tampon, Saint-Pierre, Petite Ile, L’Etang Salé, Les Avirons…
Je circule beaucoup, les autres réunionnais aussi.
Des embouteillages régulièrement, souvent pour des travaux, quelquefois pour un accident, comme il y a deux semaines, où les six derniers kilomètres nous ont pris plus de trois heures.
Mercredi, en revenant de l’iufm, un gros ralentissement sur la route, au niveau de la ravines des Sables, tout en bas de la maison. Cette fois-ci, c’était deux baleines qui s’amusaient à plonger et à agiter leur nageoire devant la plage. Les voitures garées n’importe comment, au pas, les gens photographiant.

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Et ce matin, une queue impressionnante devant toutes les stations service de l’île, plus de cinq cent mètres sur la quat’ voies. A midi, RFO en annonce la cause, une rumeur de grève qui a affolé tous ces automobilistes.
L’hiver s’éternise, gris et froid aujourd’hui.

Aux amis de CorsairFly

Départ de Paris sous les nuages, première éclaircie au dessus des Alpes.

  

On jette un dernier regard sur le Cap Corse, avant un long voyage à bord d’un … 747 délabré, scotch et bouts de ficelle à l’intérieur…

   

Il y a la queue devant l’unique toilette en état de fonctionner pendant une bonne partie du vol – il faut bien essayer de dormir à un moment dans la nuit, mais dommage, c’était juste pendant l’orage si impressionnant, je n’en ai rien vu, heureusement.

Même la vidéo est en panne, au début,  mais c’est parti pour la Réunion, tout le monde communiant avec … Moi je ne sais pas qui c’est, mais je devrais peut-être.

Voyage en avion

Couchés à minuit, dernière fois vu le réveil à 1h39. Levé à 3h30. Petite nuit. Beau temps légèrement moins frais que le reste de la semaine.

A cinq heures, Alain passe nous prendre. Pas de problème à l’enregistrement des bagages, mais panne générale de courant dans l’aérogare. Ambiance… Le départ est retardé. Un passager a enregistré ses bagages mais il ne s’est pas présenté à l’avion. Il faut les sortir de la soute.

Voyage de jour au-dessus de l’Afrique, neiges du Kilimandjaro, vision du désert. Si Madagascar est sec, terre rouge, poussière, ce n’est pas un désert. Le Sahara si.
Rien que de la poussière et des éperons rocheux noirs, noyés dans le sable, des traces de fleuves anciens, des dunes, immenses, où on ne voit pas trace de vie, pas même un nuage, passé les mots du Tibesti.

Et puis c’est la Libye, des champs géométriques immenses, en cercles parfaits ou en cristaux de neige. Et des routes qui se croisent à angle droit, formant un damier impressionnant dans ce vide orangé.

Passage au bleu de la Méditerranée sans transition, sinon une bande littorale ponctuée d’enclos reliés par une route.
La mer est vide, comme morte, comparée à l’océan Indien. Pas de nuages, quelques porte-conteneurs qui déchirent ce qui ressemble à un film d’hydrocarbure qui couvrirait toute la surface de l’eau, comme une fine banquise. Vision de cette mer comme un désert bleu. Angoisse.

Malte, la Sardaigne, ultra urbanisées, la Corse, côte rocheuse découpée à l’infini, une fractale minérale sur l’eau bleue.
Arrivés au-dessus des Alpes, on plonge dans les nuages, on y restera jusqu’à la région parisienne.
Maisons de poupées dans un paysage de verts et de bruns reposants. Le désert est oublié.

A Paris, il pleut, il fait froid. Comme d’habitude. Les gens sont agressifs. Une vieille dame se bat, exaspérée, pour passer devant les autres dans la navette.
Gare Montparnasse, il pleut, les foules sortent des trains par vagues, pressées. Beaucoup de salariés qui rentrent chez eux, costumes sombres, cheveux courts. Un homme en gris muraille achète une revue. Hard Rock Magasine. Il la range dans son attaché-case. Est-ce pour lui ?

Annonce d’orage entre Rennes et Le Mans, de retards de trains. Le notre part à l’heure, 21h05. C’est un vieux TGV confortable, wagon de première, quasi vide.
On visite le wagon restaurant, Ronan et moi. Achetons sandwiches et Spinosa. Au Mans, un TGV est arrêté en gare. C’est le train de 20h00. Les gens sont sur les quais, râlent. Le notre s’arrêtera un peu plus loin.

Annonce. Plus de trains entre ici et Rennes, nous sommes détournés sur Nantes.

Arrêt d’une heure en gare de triage, à Nantes, interrompu au bout de cinq minutes. Tant pis pour ceux qui sont descendus, nous repartons au pas en direction de Redon, puis de Rennes, refusons les plateaux repas proposés.
Nous arrivons à 1H30, Aurélie, Matthieu sont là. Couchés à 3h30 heure locale, le voyage aura duré vingt-deux heures.

Le lendemain, debout, frais, prêts pour une journée de courses : Ronan veut un ordinateur.
Leclerc. Achats habituels. 200€ le caddie. Ensuite on tournera, Fnac, Saturn, et c’est moi qui resort, un McBook commandé.

Repas à la crêperie, avec Matthieu et Aurélie. Les crêpes sont bonnes, crêpes du XXIème siècle, riches. Les toutes simples sont cachées. Anne-Marie est fatiguée, mais contente.
Le service n’est pas rapide mais la serveuse agréable. Plaisir de retrouver toutes ces trognes de Bretons, de Bretonnes…

C’est le début de l’hiver

Juste un mot pour dire qu’ici aussi il fait beau, sauf le matin, comme ce matin, plus bas ou le soir, ou des fois la nuit ou parfois aussi dans la journée.
Sans compter le vent, les vagues et le froid : 20° le matin dans la maison, 16°, du vent et du sombre pour aller bosser.

Ce matin, donc, amorce d’arc-en-ciel sur un ciel sombre.

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Arrivé à la mer, il faut choisir, en général à gauche. Ensuite c’est tout droit, en laissant les vagues sur la droite.

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Et voilà mon lieu de travail, après la plage… L’autre jour, j’ai pu observer depuis la fenêtre de mon bureau ce qui ressemble bien à un véritable rideau de pluie.

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Sinon, il y a du vent, bien du vent, l’après-midi. Il y en a qui aiment.

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A dix jours des vacances…

Des nouvelles de la France d’en bas

Fin des vacances ce soir…
Enfin presque. Je suis convoqué à Saint-Denis pour deux semaines de correction du concours de professeur d’école. Et comme c’est pour corriger l’épreuve de mathématiques, je pourrais bien avoir fini dès mercredi, histoire de faire le pont entre l’Ascension et le dimanche 26 mai.
J’ai donc une doublure pour faire travailler mes élèves, et comme je suis quelqu’un de sérieux, je lui ai préparé une liste de petites choses à faire pendant ces deux semaines, lecture et mathématiques surtout. Et cette liste de choses, je suis allé la déposer à l’école ce matin.
On avait bien entendu des vagues cette nuit, mais de la à s’attendre à ce spectacle, on a été servi. A L’Etang-Salé, la villa en bois qu’on avait repéré cet été, une villa les pieds dans l’eau, un portail sur la rue un autre sur la plage, elle avait bien les pieds dans l’eau! Pour de bon. La plage, sable et galets, s’était répandue sur la rue, après avoir traversé les jardins.

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Au retour on s’est arrêté à Saint-Leu pour prendre du pain. Les quais du port étaient encombrés de bateaux que leurs propriétaires cherchaient à sortir. A la maison, le journal de RFO aurait eu un côté comique, s’il n’y avait pas ces deux pêcheurs noyés.

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A L’Hermitage, il n’y a plus ni plage ni rondavelle, à Saint-Pierre, un restaurateur a vu une vague arriver et tous ses clients partir sans payer. A Saint-Paul et à Saint-Gilles, les maires ont vu partir leur front de mer, au large pour le premier, au fond du port pour le second. Le préfet va faire quelque chose. A Saint-Leu, il y avait hier soir un festival de spectacle de rue, ils ont tout arrêté avant la fin. Ce matin, sur la plage, il y avait un type qui dormait encore dans son hamac, entre deux filaos, au-dessus des laisses de mer.

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Après la météorite, le cyclone et le volcan, voilà le tsunami, on s’amuse comme des fous…
En fait de tsunami, c’est de la houle, jusqu’à 11 mètres, qui nous vient des îles Kerguelen.

C’est fini

De retour d’une virée à Saint-Pierre où j’ai accompagné Anne-Marie, je suis allé courir en fin d’après-midi au-dessus de la maison sur une petite route qui serpente entre les champs de canne à sucre, la montagne sur ma droite, l’océan quatre cents mètres plus bas, à gauche. Depuis une semaine, le volcan envoie dans l’air ses gaz plus ou moins nocifs, acide sulfurique au début, qu’on sentait de la maison, puis acide chlorhydrique, quand la lave a commencé à vidanger dans l’océan, et depuis que le cratère sommital s’est effondré, un gros panache de poussières et de cendres tamise le ciel. Ce soir, sur le chemin, le ciel est magnifique, gris argenté, rosé par endroit avec un soleil tout rond, rouge sang, bien loin de se coucher encore. L’océan comme un miroir zébré par la houle.

Joli mais terrible aussi comme un phénomène naturel peut être destructif pour l’environnement : pluies acides, pluie de cendres, derniers vestiges de la forêt de bois de couleur détruits par la lave et le feu, eau impropre à la consommation dans le sud, fourrage dangereux pour les vaches, poissons de fond crevés par centaines… Depuis une semaine, mes yeux me brûlent et pleurent. Ce soir, les infos sont rassurantes, l’éruption s’est arrêtée dans l’après-midi, aussi soudainement qu’elle avait commencé. Il était temps.

Le soleil s’était couché lorsque je suis arrivé à la maison, pas de photos donc.

Soleil jaune

Cette nuit une troisième coulée de lave a coupé la route et une deuxième coulée a atteint la mer.
L’île est enveloppée par une brume jaune orangé. L’humidité est plus importante que d’habitude, on se croirait à Mayotte. Cette après-midi les couleurs étaient étranges, inhabituelles. D’habitude, tout est d’un bleu très franc. Et là à Saint-Leu, loin du volcan…

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Et les rumeurs vont bon train, comme d’habitude ici. On parle d’une éruption prochaine sur une zone habitée. Les scientifiques sont plus inquiets pour le cratère central, apparemment.
J’espère qu’on aura le temps d’y jeter un coup d’œil ce week-end.

Inforoutes

Les routes sont belles à la Réunion…

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Mais la circulation n’y est pas simple.
Il y a la quat’voies coupée par des chutes de rochers plus ou moins importantes quasiment toute les semaines sur la route du littoral, dans le nord.

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A l’ouest, il y a eu l’autoroute, encore, à moitié emportée par la rivière Saint-Etienne pendant le cyclone Gamède. La DDE est en train de finaliser un passage à gué prévu pour la fin du mois. Ce sera peut-être la seule autoroute au monde à passer dans le lit d’une rivière.

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Et depuis hier, dans le sud, la route est coupée par la lave en deux endroits, entre les villes de Sainte-Rose et de Saint-Philippe, suite à une éruption spectaculaire du volcan à très basse altitude, seulement huit cents mètres, alors qu’il culmine à 3000 mètres. Les deux villes étaient à 15 km l’une de l’autre, elles sont maintenant distantes de 150 km.

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Encore une fois la DDE est optimiste et annonce d’ores et déjà la réouverture de la route pour dans trois ou quatre semaines. Elle a l’habitude de toute façon, la dernière coulée de lave coupant la nationale, c’était en 2005, la lave n’était pas refroidie que ses engins étaient déjà au travail.

C’est très spectaculaire, mais tout cela oblige à réfléchir avant de décider d’aller quelque part. Après tout, l’île de la Réunion n’est qu’une sorte de gros giratoire qui serait plus ou moins coupé à trois endroits.