Sha’ab Samadai

Sha’ab Samadai, c’est le nom d’un récif corallien en forme de fer à cheval qui affleure, au large de la côte égyptienne. La Mer Rouge est ici plutôt rude, bleu profond ou gris acier lorsque le ciel blanchit. Le vent souffle souvent violemment à cette période de l’année.

Samadai

Ce récif a dû être en d’autre temps un danger pour les navires qui remontaient vers le nord ou se dirigeaient vers le Soudan. C’est aujourd’hui un refuge pour les plongeurs mais surtout pour les dauphins. La partie nord du lagon est interdite à la navigation et on peut y nager en compagnie des dauphins. Et si pas de dauphin, on aura toujours les coraux et les poissons, les tortues et les requins.

Face au vent

Le retour vers le port sera rude, face au vent, mais égayé par un groupe de dauphins venus jouer avec notre bateau.

L’accès au site est géré par l’association HEPCA, qui a installé le balisage et contingente le nombre de plongeurs, pour assurer la tranquillité des dauphins. Le financement de cette association est original, puisqu’elle tient ses revenus du recyclage des déchets de la ville d’Hurghada comme des redevances qu’elle fait payer aux plongeurs.

El gola’an

Toujours sur la Mer Rouge, au sud de Marsa Alam, non loin du Cap Banas, voilà encore un site géré par l’association HEPCA. C’est une plage magnifique, un espace où s’arrêtent de nombreux oiseaux, bordé d’un récif corallien, mais aussi d’une mangrove.

sur la plage

L’association assure la protection du site. Pour cela elle en aménage l’accès, organise le cheminement et implique la population locale. C’est une tribu bédouine du sud, les Ababda, dont elle améliore l’habitat, maison de bois, mais aussi panneaux photovoltaïques et accès à l’eau.

village el gola'an

En échange, les bédouins assurent la nourriture des volontaires qui reconstruisent leur village et profitent du passage des touristes pour vendre leur artisanat. Ils tiennent également un restaurant qui les régale de poissons et de langoustes grillés.

vendeuse de bracelets ethniques

La redevance payée par les visiteurs va permettre de financer l’opération, le bois des constructions provenant du recyclage d’échafaudages récupérés sur des chantiers cairotes.

paletuvier

La plage a un petit côté paradisiaque…

Le climat part en c…

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Il est tombé des trombes d’eau sur Hurghada, il a même grêlé. Egalement sur Sharm El Sheikh, hier. Et demain encore.

Sur l’oasis de Bahariya, deux des maisons en pisé dans lesquelles nous avions dormi il y a deux semaines se sont effondrées. Helal dit n’avoir jamais vu une pluie pareille. Il a également perdu des arbres, couchés par les rafales.

Inquiétant article à lire en parallèle : Climate change may make parts of the Middle East too hot for human beings, according to a new study.

Researchers from the Max Planck Institute for Chemistry and the Cyprus Institute studied weather conditions in the Middle East since 1970. The researchers say “very hot” days in the area have doubled … (lire la suite)

Ghost town

En ce début juillet, nous sommes repartis sur les bords de la mer Rouge, le long de la péninsule du Sinaï. Petit pincement au cœur lorsque l’avion décolle, c’est un petit avion d’Egyptair. Il est plein… surtout de chinois. Arrive Sharm El Sheikh, où  il se pose tranquillement. Sauf que non, il remonte brusquement et vire, il y a un gros avion sur la piste en train de décoller. Ça bouge, ça craque dans l’avion. Les gens se sont tus. Il fait un deuxième tour, sans doute trop rapide, et rate la piste, remet les gaz et remonte. Cette fois c’est très silencieux dans l’avion. Le pilote file plein sud. Direction Hurghada? Non il finit par faire demi tour et revient. L’avion descend rapidement, tangue beaucoup, les passager sont toujours figés. Il touche brutalement le sol, et freine brusquement. Trop vite, ou trop court? On n’aura aucune explication.

Traversée du Sinaï en voiture ensuite. Une heure dans une vallée au fond plat entourée de montagnes escarpées rouges, roses, noires… Quelques arbustes épineux, et des barrages de militaires armés, canons et véhicules blindés derrière des sacs de sable. Et toujours les mêmes questions, à propos de notre nationalité.

Dahab est un ancien village de pêcheurs, reconvertis dans le tourisme. Mais les touristes ne sont pas là. Les Chinois sont restés à Sharm, et il faudra attendre la fin du Ramadan et l’aïd, pour voir arriver des groupes de jeunes égyptiens attirés par la plongée.

Tous les jours se ressemblent. Plage le matin, les fonds marins sont d’une richesse incroyable, et puis sieste pour éviter la chaleur de l’après-midi, sortie et marche  pied dans la douceur du crépuscule. Fare niente : objectif atteint.

Les photos du séjour sont là.

Un anniversaire de rêve

Anne-Marie voulait voir Rome.
J’ai pris des billets pour Sharm El Cheikh.
Dahab, précisément. Un couple de routards, rencontré au Creusot. Une malienne, un français, mariés, musulmans. Branchés permaculture. Ils en avaient parlé. Pas retrouvé le nom du gîte. Ce sera un hôtel. Piscine, plage, tuba. Farniente. Le rêve.
Arrivée de nuit. Aéroport désert – on a l’habitude. Une heure de route, d’autoroute. Quelques rares voitures. Les ombres noires des montagnes défilent, à peine éclairées par la lune. Des check-points illuminés, chicanes, soldats en arme. On passe le dernier. Welcome to Dahab, annonce le chauffeur.
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Le matin, soleil, lumière, plage. La mer est bleue, la montagne ocre. Coraux multicolores. L’hôtel n’est guère rempli. Une vieille anglaise bavarde, un verre de rosé collé à la main. Elle cuit doucement au soleil. Un couple, anglais également. Tatoués tous les deux. Pas vraiment jeunes. Un groupe d’italiens. Des étrangers. Un type à barbiche. Il me parle en anglais. Deux couples de russes – des plongeurs, costauds. Et puis deux jeunes couples égyptiens.
Elle patauge dans l’eau avec sa petite fille. Toute vêtue de noir, des chevilles à la tête, tandis que son bel homme parade en bermuda sur le ponton. Elle, plus sportive, mais pas mince, masque et palmes à la main, s’en va voir le tombant avec son mec. Elle ne doit pas savoir nager. Elle est engoncée dans sa tenue noire, dans son gilet orange. On est loin de l’idéal naturiste que j’ai connu, loin de la liberté des corps.
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Aujourd’hui le vent souffle du nord, violent. La mer s’est faite dure, moutonneuse. Au loin, les monts d’Arabie s’élèvent. Sévères. Je pense à Henry de Monfreid – une lecture de jeunesse. Je rêve à son boutre, il passerait le Ras, il viendrait mouiller devant la plage. L’équipage plongerait pour rejoindre la côte. La mer Rouge est là. Les montagnes la dominent. Une plaine côtière étroite. Tout cela est très contrasté.
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À quelques kilomètres d’ici, le Blue Hole. Une piscine naturelle de 130 mètres de fond, qui s’ouvre à la mer par une voûte sous-marine. Un rêve de plongeur. Un cimetière de plongeurs également. La voûte est à plus de soixante mètres de profondeur.
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Après, plus de route. Il faut continuer à dos de dromadaires. Une heure pour atteindre le Ras Abu Gallum. Un village de pêcheurs bédouins. Poissons grillés à l’ombre des palmes. Thé vert. Nage au milieu d’un aquarium coloré.
Un anniversaire de rêve.
Un anniversaire rêvé.
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