Trou de souris

Pas facile, dans certain pays, de se sentir libre. Lorsqu’on se promène sur Internet, on peut y avoir une impression d’ouverture, de liberté, on a accès à de nombreux sites de presse, à Wikipedia, à facebook, comme en France.

Mais quelquefois, pour des raisons qui peuvent être futiles, on tombe sur une porte fermée, qui nous rappelle la longueur de notre laisse. Nous, on regarde la télévision française, par satellite, et il arrive qu’une émission soit tard, ou qu’on soit absent ce soir-là. Le replay est devenu une habitude. Sauf qu’ici, et ailleurs à l’étranger, pour des raisons de droits, ce n’est pas possible.

Alors on triche, on utilise un réseau virtuel, une espèce de tuyau qui fait croire au site web qu’on est en France, et pas ailleurs. Pareil, si on veut acheter un produit introuvable dans son pays, un coup de réseau virtuel et on est ailleurs. Une habitude.

C’est très pratique, et les petits malins qui ne sont pas d’accord avec leur gouvernement, qui veulent organiser leurs actions, ou simplement témoigner les utilisent aussi, ces tuyaux-là. Mais depuis quelques temps, l’étau se reserre ici, on bute de plus en plus sur des portes fermées, il est de plus en plus difficile de les paramétrer, ces réseaux.

Il m’a fallu batailler toute une journée, utiliser les services de l’oignon(*), trouver la bonne passerelle, pour arriver à trouver le trou de souris par lequel je poste ce texte, et accessoirement je réactive un bout de ma liberté.

(*) métaphore pour un service multicouche destiné à se perdre dans l’anonymat du réseau.